...C A N D I E ' S _ D I A R Y...

...C A N D I E ' S _ D I A R Y...


B I E N V E N U E .
Dans son esprit.






Une histoire, bête de sens, sortie tout droit d'un monde impénétrable appelé Imagination. Des mots alignés noircissant le papier. La musique pour seul moteur, des notes envolées pour combler le vide. Mon stylo comme seul ami, j'écris. J'écris ce qu'il se passe dans ma tête. J'écris ce dont j'aimerais me séparer. De la souffrance, du doute, de la confusion, de l'amour. Mon coeur bat au rythme de mon inspiration. Cette inspiration rare et précieuse. J'ai besoin de crier. J'ai besoin de hurler. J'ai besoin de me détendre. Et cette histoire est le seul chemin pour y parvenir. Elle me tient à coeur. Bien sur, elle n'est pas parfaite, mais elle est sincère. Ce n'est qu'un amas de phrases, un ramassi de bêtise. Un hurlement sans fin, un cri strident qui rend sourd. Je n'ai pas la capacité à vous emmener ailleurs, si j'arrive au moins à vous distraire et vous apportez un peu de moi, j'aurais atteint mon but. Celui de transformer mes émotions en une autre. Traduire mes sentiments dans votre langue. Lisez, vivez, ressentez. Vous seuls êtes mes juges. Vous seuls avez le pouvoir de me faire continuer ou de me laisser au néant. Sur ce, bonne lecture .










« Crois-tu tout savoir de moi ? Quand ton regard croise le mien es-tu sur de ce que tu vois ? N'est-ce pas plutôt la folie que tu vois? La folie, la souffrance qui me consume. Cette solitude amère qui me brûle. Regarde mes yeux. Me connais-tu vraiment? Quand ton regard croise le mien es-tu sur de ce que tu vois ? »







Personnes à prévenir ( Pour pas oublier, avec ma tête de linotte. )
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# Posté le jeudi 19 mars 2009 13:02

Modifié le dimanche 24 mai 2009 13:52

~ Chapitre 1 ; Scène 1 ~

~ Chapitre 1 ; Scène 1 ~



Cher Journal Intime .

Non, avoue, c'est nul comme début. Excuse-moi, je n'ai jamais fait ce genre de choses puériles. Alors évidement, je ne sais pas comment ça se passe. Pour tout te dire, c'est ma psy' qui m'a conseillé d'écrire ce que je ressentais dans un journal intime. Personnellement, je trouve ça digne d'une petite de 8 ans qui va raconter combien de bonbons elle a mangé dans la journée. Toi et moi on ne se connait pas. Mais il y a une chose que je peux faire et pas toi : je peux te dire qui je suis. Alors, voilà. Je m'appelle Dakota Einsam. Mais je déteste ce prénom comme la Peste. Je préfère Candie. C'est mieux, selon moi. C'est plus frais ! J'ai 18 ans. Oui, je suis majeure. Je peux acheter de l'alcool et sortir en boîte. C'est super n'est-ce pas ? Je vais te dire : j'men fous totalement. J'aime pas mon âge.
Tu sais où on est ? Allez, je t'aide , on est en Europe. Ok, c'est pas très parlant . En Allemagne. T'y es toujours pas ? Bon, on est à Hamburg. C'est grand comme ville. Trop grand pour une fille de la campagne comme moi . Je viens d'un petit village d'Allemagne centrale. Ce n'est pas très prestigieux, je te l'accorde.
Je suis pas le genre de fille qui aime être populaire. J'ai pas d'ami(e)s. Je n'aime pas les gens. Je n'aime pas les humains. Je n'aime pas la société. Et traite moi de 'Rebelle' et je te fous au feu. Je suis juste réaliste. Je suis assez colérique et tétue. Je suis très solitaire. Et, HO IRONIE DU SORT, 'Einsam' signifie ' Solitaire' en allemand. Est-ce mon destin depuis ma naissance? Sans doute.
Mais essayons de parler positif. J'ai une passion dans la vie. Le dessin . Je dessine ma vie idéale, je dessine la vie réelle, je compare, et puis je me dis que je vivrais pas longtemps dans ce monde.

Mais arrêtons de parler de moi ( Oui, je suis aussi egocentrique. ). Qu'est-ce que l'on écrit habituellement dans les journaux intimes? Le genre de connerie comme ' J'ai rencontré un mec, il est vraiment beau, je suis amoureuse houlala '. Désolée pour toi, je ne crois pas en l'amour . J'aime pas les films à l'eau de rose. J'aime pas les histoires à l'eau de rose. Et puis, ho miracle, je parle encore de moi. Je t'avais prévenu .

Ma psychologue dit que je suis perturbée et que j'ai besoin d'être écoutée. Foutaises. Je vais très bien . Et qui voudrait m'écouter? Je n'ai rien à dire aux gens. Ils n'ont rien à me dire et je vis très bien . Alors je dois me servir de toi ... Je vais devoir te raconter mes journées, ce que je ressens, tous ces trucs ennuyeux. Commençons maintenant si tu le veux bien .


Aujourd'hui, comme tous les jours, je me suis rendue au Lycée. C'est un grand bâtiment, triste. Non loin de là, il y a une grande forêt . J'aime beaucoup y aller après les cours. Ca me détend. J'aime beaucoup la nature. Je m'y sens bien, je peux y dessiner et le plus important, j'y suis seule et en paix. Donc comme à mon habitude, je m'y suis rendue, mon sac sur la dos, un calepin et un crayon sous le bras . Je marchais, lasse, les yeux dans le vide, la tête ailleurs. Je commence à connaître cet endroit par coeur. C'est ma deuxième maison si tu préfères. De toutes façons, chez moi, c'est infernal. Mes parents ne sont jamais là, ce sont de hauts directeurs d'une grande entreprise. Avec leur travail, ils n'ont plus de temps pour ma soeur et moi. Moi, je peux me débrouiller, mais ma soeur a dix ans. Elle passe sa vie chez ma grand-mère. Bref, chez moi, ce n'est pas l'idéal pour se détendre. Oui, parce que les rares fois où mes parents sont présents, je n'ai droit qu'à des remarques désobligeantes. Je marchais donc sur le sentier battu avant de déboucher sur une petite clairière. Voilà, c'était ici. Mon Endroit avec un grand ' E '. Je m'assis au pied d'un arbre et posa ma tête contre le tronc. Je poussais un long soupir. Je fermai mes yeux et respirai un grand coup. Je m'emparrai de mon calepin et repassai en revue mes derniers dessins. Je perdais l'inspiration. Que m'arrivait-il ? Je regardai droit devant moi. Des arbres. A gauche, des arbres. A droite, des arbres. En haut, leurs cimes et le soleil qui essait de se frayer un chemin entre l'épaisse masse de feuille. Pas génial. Il fallait de que je trouve un autre endroit. A force, on s'ennuie vite. Je me levai et pris une direction au hasard. Je marchais dans les mauvaises herbes et les morceaux de branches cassées. Un vrai parcours du combattant. Je pouvais dire adieu à mes fringues. Je ne savais même pas où j'allais. Au bon d'un bon quart d'heure de marche dans la forêt j'entendis comme un bruit d'eau . Une rivière ? Curieuse, je m'avançais encore un peu plus pour enfin arriver sur un lac. Wow. Jamais je n'aurais imaginer voir ça ici. C'était presque... Iréel. Un lac immense, bordé d'arbres verts.


- Ha oui, quand même. Dis-je, dans un souffle.

Je m'avançais, jusqu'au bord . Je vis mon reflet dans l'eau rayonnante . Un nouveau soupir s'échappa d'entre mes lèvres.

- Salut !

Je sursautai .

- HAAAAAA ! Criais-je.
- Héé calme toi ! J'vais pas te manger !


Une fille, rousse, un peu bouboule mais très mignonne était là, plantée, un grand sourire aux lèvres. Mais c'est qui cette folle? Moi, qui pensais être seule et tranquille, c'est raté !

- Je m'appelle Olivia. Et toi ?
- Heu Da..Dakota . Balbutiais-je.
- Ha c'est joli ça, Dakota !
- Je préfère Candie ...
- Va pour Candie .



Mais c'est qui elle ? C'est qui qui vient déranger mon calme ? D'où elle sort? Je ne l'ai même pas vu arriver. Je ne l'ai jamais vu . C'est qui ? Qu'est-ce qu'elle me veut ? Je n'aime pas ça. J'veux pas qu'on m'emmerde.



_____________________________________________________________________________________Candie's Diary.



Voici, la toute première partie du ' Journal de Candie '.
N'hésitez surtout pas à me faire part de vos impressions . ;D
Sur ce je vous souhaite une bonne soirée.

Mara .





Photo : Night-Fate

# Posté le jeudi 19 mars 2009 14:54

Modifié le dimanche 05 avril 2009 10:35

~ Chapitre 1 - Scène 2 ~

~ Scène 2, suite de la scène 1 ~



Cette Olivia avait l'air bien à l'aise. Elle te surprend comme si de rien n'était, se présente et te parle comme si vous vous connaissiez depuis des années. Je n'aime pas ce genre de familiarité. D'autant plus que je me trouvais ici uniquement dans un but artistique et dans l'espoir de ne faire qu'une avec la nature. Le panorama était somptueux. Il fallait que j'en garde une trace. Je soupirai et m'éloignai de cette pure inconnue. Je m'assis un peu plus loin, sur un tas d'herbe et de feuilles à environ un mètre de l'eau. En toute franchise, je savais qu'elle reviendrait m'ennuyer. Mais mieux vaut anticiper. Je sortis mon carnet et mon crayon. Je tournais les pages doucement, en prenant soin d'en cacher le contenu à cette Olivia qui m'épiait du coin de l'oeil. Personne n'a jamais regardé à l'intérieur. Et personne hormis moi ne regardera. C'est mon jardin secret, ma vie privée. Finalement non, ma vie tout court. Je tendis mon crayon en face de mes yeux pour juger quel serait le meilleur cadrage. Je commençais à griffoner sur l'épais papier quand j'entendis des pas se rapprocher. Je le savais. Je le savais. Je sentais l'agacement monter en moi. Elle s'assit à côté de moi. Je fermai mon livre violement et rapidement .


- Je ne peux pas regarder? Me demanda-t-elle, les yeux brillants.
- Non.
- Pourquoi?

Je ne répondis pas. Je la regardais. Je voyais dans son regard une certaine sérénité mélée à un bonheur envahissant. Etrange. Elle était calme d'apparence, mais joviale à l'intérieur. Trop joviale, même. A côté de moi qui ne suis qu'une pierre vide d'émotions. Elle tourna la tête et fixa l'eau paisible. On aurait dit qu'elle était devenue une autre personne. La petite excitée de tout à l'heure était devenue aussi tranquille que l'eau qui dort. Aussi douce que la brise qui faisaient se balancer les branches des arbres derrière nous. C'en était hypnotisant. Ne crois pas que je veux dire par là que sa présence ne me dérangait plus. Que neni. Elle était toujours aussi parasite. Mais parasite calme, si tu vois ce que je veux dire. Je regardai dans la même direction qu'elle . Nos yeux se plissaient au passage du vent sur nos visages.


- C'est beau n'est-ce pas ?
- Très.
- Tu viens souvent ici ? se risqua-t-elle.

Quelle replique nulle. Digne des plus grands films d'amour américains à deux francs. Je fermai les yeux, espérant trouver au fond de moi, la force de paraître 'aimable.'

- Non, je trainais toujours dans la forêt. A la recherche de calme, soulignais-je. Mais ici c'est incroyablement beau.
- Il n'y a pas beaucoup de gens qui viennent ici. Et tant mieux d'ailleurs. Je suis totalement fan de cet endroit. J'y fais beaucoup de photos.
- Tu fais de la photographie?
- Oui, me répondit-elle avec un grand sourire. Et toi tu dessines non ?
- En effet...


Je respirai à fond et me lançai.

- Pourquoi viens-tu me voir ?
- Tu as l'air gentille.
- Ce n'est pas vrai .
- Tu n'es pas aussi mauvaise que tu peux le prétendre.
- Tu ne me connais pas.
- Je sais reconnaître les gens intéressants quand j'en vois. Tu es différente. Déjà pour venir ici. Il faut le vouloir ! Tu n'as pas l'air d'être le genre de fille qui passent sa vie en ville, on sent la solitude dans ton visage. On sent une certaine fragilité.

Je restais bouche bée. Les apprences sont tellement trompeuses. Ou bien, c'est cette Olivia qui est lunatique, ou a une double personnalité .


- Allez lève-toi !

Elle sauta sur ses deux jambes et attrapa ma main en me tirant vers le haut. Décidemment, je n'arrivais pas à la cerner. Je me fit trainer et laissai derrière moi, mes affaires au sol. Je la vis partir en courant et fouiller dans un grand sac noir. Elle en sortit un gros appareil photo. Elle revint, avec un large sourire, dévoilant toutes ses dents.


- Mets-toi là, je voudrais te prendre en photo ! - C'est ridicule !

Elle prit ma main et me regarda avec ses grands yeux brillants.

- Bon ... Lachais-je.

Elle eut un petit rire et s'éloigna de quelques mètres.

- Et je fais quoi ?
- Assis-toi et bouge plus .

Je n'ai jamais fait de photos. Moi je dessine. J'écris. Mais c'est tout. Etre modèle est plus stressant que je pensais. Je m'assis, gênée, et regarda en face de moi. Après quelques minutes, elle revint vers moi avec ce même sourire presque énervant aux lèvres. Je me relevai et regarda le résultat sur l'écran de son appareil . Waw... Ca n'était pas moi. Enfin si, mais on aurait dit une autre personne. Je le regardais. Elle me regardait. J'étais stupéfaite. Elle repartit en courant à sa place de Photographe et je me laissai prendre au jeu. Elle prit plusieurs photos. Je sentais en moi comme une impression de... joie. Chose qui ne m'était pas arrivé depuis longtemps. De fil en aiguille, apparaissait sur mon visage un ... 'sourire'. Les photos défilaient et l'ambiance devenait de plus en plus joyeuse. Je m'étais même suprise à l'arroser d'eau. Elle fit de même. De vraies gamines, nos rires s'élevaient dans les airs, tranchant le calme pesant.
Une bonne heure plus tard, la nuit tombait déjà. J'avais froid. Il faut dire qu'en Automne, s'arroser d'eau n'est pas tellement intelligent. Tant pis, je m'étais bien amusée. Cette fille a quelque chose de spécial. Elle a un truc. Je me sens bien avec elle. Elle est vive. Tout mon contraire. Elle a le sourire collé aux lèvres toute la journée, elle a l'air intouchable. Je m'étais même prise d'un sentiment d'admiration envers elle. Et bizarrement, j'étais contente qu'elle ait troublé mon calme. Je repartit, les images de cette belle journée encore en tête .


Et puis tiens, Journal, je te colle une des photos qu'elle a prises.
Il faudrait aussi que je trouve un Prénom. 'Journal' c'est merdique. Ca fait gamin. J'y réfléchirai.



_____________________________________________________________________________________Candie's Diary.



Vos impressions ? :D


Mara.

Photo: AsbeautyDies.
~ Chapitre 1 - Scène 2 ~

# Posté le vendredi 20 mars 2009 13:04

Modifié le dimanche 05 avril 2009 10:35

~ Chapitre 2 ~ ' Ma vie a été volée . '

~ Chapitre 2 ~  ' Ma vie a été volée . '

~ Scène première . ~

Cher journal Intime .

JE NE SUIS QU'UNE CONNE !
L'autre jour au lac, je savais bien que cette inconnue allait me causer des ennuis ! Je n'étais pas au bout de mes peines ! Je suis si énervée que le papier se déchire sous ma plume. Je vais la tuer. Je vais la tuer et la jeter dans son lac. Elle m'a déconcentrée et m'a manipulée. Mon carnet de dessins ! Elle m'a volé mon carnet de dessins ! Ma vie a été volée ! J'ai bien vu dans son regard la curiosité quand je lui ai refermé mon livre au nez. J'aurais dû être plus méfiante . Cette fille est dangereuse. Les filles d'apparences innocentes sont toujours les plus dangereuses. Mais pourquoi ne suis-je pas tout simplement partie ? Je n'aurais jamais dû lui parler . Mais je vais la tuer. Je suis donc retournée au lac. Les yeux exorbités, la respiration rapide. Les branches me déchirer les bras sur mon passage. Je ne sentais rien. La colère était trop grande. J'arrivais au lac, et , énervée, je tournais la tête dans tous les sens pour espérer la trouver ici. Et il fallait mieux pour elle qu'elle soit rester chez elle, vu le sort que je lui reservais. Je courrus jusqu'à l'endroit où j'avais laissé mon précieux carnet. Rien, hormis sa forme dans l'herbe. Je poussai un grand hurlement et m'effondrai en pleurs à terre. Ma tête entre les genoux, je pleurais en l'insultant de tous les noms. Mes larmes coulaient le longs de mes joues et venaient s'écrasaient en grosses gouttes sur la terre. Je m'alongeai . J'ouvris mes yeux noyés de larmes et observais le ciel nuageux. Les larmes continuaient leur descente le long de mon visage humide.


- CANDIE !

Je me relevai d'un bond. Olivia. Olivia était là. Cette fois c'en était finit pour elle . Je m'approchais d'elle, les dents et les poings serrés. Elle remarqua ma violence et fit quelques pas en arrière, par prévention.

- Qu'est-ce qui te prend ? Demanda-t-elle .
- Ce qui me prend ? Ce qui me prend c'est que tu as volé ma vie. Tout simplement. PERSONNE NE REGARDERA JAMAIS DANS MON CARNET. Et toi, non seulement curieuse, tu es aussi une voleuse !
- Mais de quoi tu parles ?


Une autre phrase sortie tout droit d'un film et je l'égorge.

- MON CARNET A DESSINS ! Je l'ai oublié ici hier et tu me l'as volé ! Hurlais-je.
- Mais pas du tout !


Elle eut un reflexe de protection et recula pendant que j'avançais dangereusement vers elle. Ses mains en avant, pour prévenir mes attaques, prouvaient déclairement qu'elle me redoutait et qu'elle restait sur la defenssive plutôt que l'offenssive.


- Suis-je bête, il est surement parti avec ses petites jambes à la recherche d'une vie meilleure ! Nous étions seules hier ! Ce ne peut-être que toi .
- Tu as bien vu que je n'avais rien dans les mains! Tu ne m'as pas quitté des yeux une seconde, je n'ai pas touché à ton livre, crois-moi!
- Tu es peut-être revenue après ?
- Mais bien sur que non, j'avais moi-même oublié ton livre, sinon, voyant que tu partais sans le prendre je t'aurais prévenue !


J'étais coincée. Devais-je continuer à la menacer ou la croire ? Je ne la connais que depuis une journée, à peine. Hors de questions ! Je ne tomberai pas dans le panneau deux fois
.

- Et d'ailleurs que fais-tu ici ? L'attaquais-je.
- Je viens casiment tous les jours ici ! Je m'y sens bien . Je préfère cet endroit à ma propre maison.


Sur ses mots je sentis mon coeur s'arrêtait. Elle avait les mêmes paroles que moi. Nous n'étions pas si différentes que ça, après tout
.

- Regarde dans mon sac, si tu ne me crois pas .

Elle ouvrit son grand sac noir et m'en présenta le contenu . Il n'y avait seulement que son appareil photo, son portable, des clefs, du papier, et d'autres bricoles. Pas de traces de mon livre. Je m'effondrai une nouvelle fois au sol. Mon visage entre les mains. Voyant ma peine, elle s'assit à côté de moi et m'enlaça. J'étais au fond du fond. Je posai ma tête sur ses épaules et repris mes sanglots. Qui avait bien pû me voler.


- On le retrouvera je te le promet. Il n'y a vraiment que peu de gens qui passent par ici. Me consola-t-elle .
- Et si la personne en question l'avait emmené chez elle, très loin, et ne le rammenait jamais ?
- C'est toujours plus facile de s'imaginer les pires scénarios, un voleur revient toujours sur les lieux du crime. Mais sincèrement, Candie, ce n'est pas réellement un voleur. Quelqu'un qui trouve un objet succeptible de titiller son intérêt va le prendre. S'il voit qu'il est abandonné il va : soit le laisser où il est, soit l'emporter avec lui. C'est ce que font les enfants par exemple, avec les objets brillants.


J'arrêtai de pleurer. Je la regardais. Elle avait raison .

- Mais, tout de même, un carnet de dessins ! C'est pas intéressant pour les gens .
- Ho, bien sur que si . Le dessin reflête la personnalité du dessinateur, c'est très instructif.
- Qu'est-ce que je vais faire ?
- Ne pas t'inquiéter, je te promet, on le retrouvera.
- Olivia ?
- Oui ?
- Merci ...


Elle me fit un grand sourire et déposa un baiser sur ma joue . J'étais en train de me lier d'amitié avec une inconnue et cette idée me collait des boutons.

A l'heure où je t'écris, je ne sais pas où, comment et avec qui est mon livre. Je peux simplement te dire que je me sens au plus mal . Jamais je n'ai été séparé de mon carnet. Tout ma vie est contenue par dessins à l'intérieur. Et j'ai honte de savoir que quelqu'un puisse regarder dedans, et voir comment je vis, à quoi je pense. On m'a volé toute ma vie privée. Et ça, je ne m'en remmettrai jamais .

_____________________________________________________________________________________Candie's Diary.

Voilà le début du second Chapitre . (:

Mara

Photo: Olivia .

# Posté le samedi 21 mars 2009 06:21

Modifié le dimanche 05 avril 2009 10:35

~ Chapitre 3 ~ 'La dernière chose qui me reste...'

~ Chapitre 3 ~ 'La dernière chose qui me reste...'

Point de vue de Morgan .

Cette nuit, je me sens seul. En fait non, je me sens encore plus seul que quelqu'un de seul. ma seule présence ne me suffit plus. C'est dramatique de se dire ça à mon âge. A 19 ans, les gens sortent, fument boivent, couchent, collectionnent les filles et les cuites. Moi, je suis là, à scruter ce paysage automnal. Dans le calme de la nuit. Je suis un enfant de la nuit. Mais pas de la nuit urbaine... Je ne suis pas un garçon comme les autres j'en ai conscience. Depuis ma plus tendre enfance je suis seul. Je n'ai pas choisi cette situation. J'y suis contraint. Je n'ai jamais su prendre ma vie en main. Je me laisse mener. Jusqu'au jour ou on vous laisse sur le côté. Je me suis fait à ça. Rester seul. Mais aujourd'hui cette situation de vient pesante. La solitude rend fou, à vrai dire. Je ne suis pas fou, non. Je suis juste dépespéré. Rien ne bouscule ma vie. Parce que je suis seul. Rien ne la pimente. Parce que je suis seul. Rien ne la changera ... Je resterai seul, avec mes chansons. Seul dans la vie, seul dans la mort.
Je soupire. Je me lève et marche le long du lac. L'eau dort, elle. Moi je veille. Comme toujours. Je marche. Sans but précis. Soudain mon pied se heurte à un objet au sol. Je me penche, le rassure et l'observe. Un livre. Avec des pages épaisses, cornées, déchirées, dans tous les sens. La côte est attachée avec de la corde. Je l'ouvre avec précaution. Des dessins. Des milliers de dessins. Des paysages, réels ou abstraits, des portraits, des pensées, quelques citations, des adaptions de la vie courante. La plupart de ces dessins sont noirs. Les dessins représentés en noir son des illustrations de la vie d'aujourd'hui. Ceux en couleur sont des choses abstraites, gaies, heureuses, imaginées par le dessinateur, souvent extraordinaires. Je suis émerveillé. Je m'assied dans l'herbe fraîche et tourne les pages de cette mine d'or avec une précaution exemplaire et admire chaque dessins. Ils sont magiques. Magnifiques. Je me reconnais dans certains d'entre eux. Soudain je tombe sur un portrait. Un autoportrait pour être précis. J'observe chaque trait de crayon. C'est donc une dessinatrice. Le dessin est noir. J'aurais été elle, j'aurais dessiné cela avec les plus belles couleurs qu'il existe sur Terre. Je comprend que cette jeune femme n'est pas satisfaite d'elle-même. Je l'admire. Une seule chose m'intrigue. Pourquoi aurait-elle laissé ce recueil fabuleux ici ? Au milieu de nulle-part. Je ne comprend pas. Je me lève enfin et emporte ma trouvaille avec moi. Je la remettrai en place demain ou plus tard. J'ai peur que ce livre tombe entre les mains d'une personne peu soigneuse.




Cher Journal .

Permet-moi de t'appeler simplement ' Journal '. C'est plus court. Je n'arriverai pas à te trouver un prénom. Pas en ce moment. Je suis trop boulversée. Trop triste. Tellement en colère. Je n'arrive plus à réfléchir correctement. Je t'écris actuellement près du Lac. Oui, encore. J'y ai élu domicile à présent. Olivia n'est pas là. D'une certaine manière je la comprend. Il est 5h30. Du matin, tout à fait. J'ai besoin de la fraicheur de la nuit pour penser et me reposer. Ces dernières journées ont été les plus épuisantes de ma vie. Tu es la dernière chose qu'il me reste... En toute franchise, ma psy' avait raison. C'est très bénéfique d'écrire. Ca m'aide à voir les choses autrement. Je retire ce que j'ai dit. C'est nullement puéril. C'est même très élaboré comme moyen de reflexion. Les petites filles ne voient pas les choses comme on les voit à mon âge. Pour faire court, je me suis attachée à toi. Je n'ai plus mon carnet, alors je me replie sur tes pages. Je regarde la ciel, bleu. Les étoiles qui scintillent encore. La lune, disciple du soleil est grande et ronde, cette nuit. Mais j'ai froid. Pourtant, pour un mois d'Octobre les températures sont plutôt douces. J'ai froid...Je me demande toujours si j'ai eu raison de faire confiance à Olivia...Je me méfie toujours un peu. Et si elle me mentait ? Si je l'avais laissé filé une nouvelle fois ...

Les feuilles des arbres s'agitent derrière mon dos. Pourtant, il n'y a pas de vent. Qu'est-ce donc? Je me retourne en vitesse. Rien . La peur me gagne. Peut-être est-ce un animal? Auquel cas j'espère que ce n'est qu'un lapin, une biche ou autre chose de 'gentil'. Je retourne la tête pour me remettre dans ma position initiale. Restons calme. Les buissons s'agitent de plus en plus. Je décide de ne plus bouger, fixant le lac avec insistance, comme pour trouver de l'aide ou la force de surmonter la peur qui me gagne. Je sens des vibrations dans la terre . Des pas. J'espère que ce n'est qu'Olivia. Bien qu'à cette heure-ci, il peut y avoir des gens louches. Bizarrement, je ne cherche pas à savoir. Je me concentre sur la lune qui lance son reflet dans l'eau calme. Je suis presque hypnotisée.

- Hé !

Je me retourne en sursaut. Ce n'est pas une voix que je connais . Je distingue dans la pénombre une silhouette mince. Très mince. Et grande. Très grande. Avec des sortes de piques sur la tête. C'en est presque ridicule. La silhouette s'approche . Elle tient quelquechose dans la main. Sous ses gestes, on entend quelques ' cling - cling ' pas méconnue dans bijoux en argent. Une femme ? Non, sa voix est trop grave pour une femme. Quoique, certaine ont la voix plutôt grave. Je me lève. La silhouette continue sa marche silencieuse vers moi. La lune éclaire son visage . Un mélange homme/femme. Des traits fins, de grands yeux maquillés de noir, le regard perçant. Etrange mélange. Pas désagréable à regarder. Mais étrange tout de même.

- Est-ce que c'est à toi ? Me demande la 'chose'.

Il me présente un gros bouquin, dont les feuilles sont en désorde à l'intérieur et dépassent de la couverture. MON carnet. C'est ce truc qui l'avait pris . Cette chose a regardé à l'intérieur. J'ai accusé à tort Olivia à cause de ça . Je m'emporte une nouvelle fois .

- OUI ! lui criais-je en lui arrachant le livre des mains .

Je sers fort mon bien contre mon coeur . Je me sens à la fois soulagée et en colère. D'une part j'ai retrouvée mon précieux carnet et d'une autre j'ai trouvé quel en était le voleur.

- Hé ! Je suis venu pour te le rendre, tu pourrais me remercier.
- Et puis quoi encore? Tu voles ma vie privée, tu regardes à l'intérieur, tu brises tout ce que j'avais de secret et je devrais te remercier ?
- Je ne pouvais pas savoir que j'allais comettre un crime .
- La moindre des choses aurait été de laisser ça où tu l'avais trouvé !
- Je ne voulais pas que quelqu'un d'autre de moins ' attentionné ' le trouve.
- Pourquoi ?
- Parce que ce qu'il y a dans ce carnet c'est merveilleux .


Cette dernière phrase me glaça le sang. Mes dessins ... ' Merveilleux '? Ils sont tout simplement le reflet de ma vie. Il n'y a rien de merveilleux à dessiner sa trsitesse et sa solitude.
Je m'assied, face au lac. Il me suivit. Je me décale de quelques centimètres, aigrement. J'ouvre mon cher livre et en caresse les pages avec un petit sourire. J'en oublie presque la présence de l'espère d'Hermaphrodite à côté de moi.

- T'es qui, tu viens d'où ? Demandais-je avec un ton peu aimable.
- J'm'appelle Morgan .


Et en plus il a un prénom de fille...

- ... Et je viens de nulle-part, continua-t-il. Et toi ?
- Da... Candie ! Je viens de nulle-part également.
- Tu viens souvent ici ?


Mais c'est quoi cette manie de sortir des phrases préfabriquées pour acteurs niais américains ? Cette question me laisse de marbre et je ne répondit pas. Je le regarde . Oui, je dis 'le', je pense que c'est un homme. Gay, surement. Je sais, ce n'est pas bien de juger sur les apparences mais excuse-moi, c'est presque marqué sur son front. Je me sens mal à l'aise à côté de cet inconnu qui connait ma vie mieux que personne maintenant. Mes dessins en disaient tellement long... Je me hais. Je sens son regard insistant sur moi. Ses grands yeux marrons me dévisageaient, m'observaient. Je n'aime pas ça . Et puis, je ne sais pas si c'est le fruit du destin mais depuis quelques jours je n'arrête pas de faire des rencontres étranges.

- Tu dessines bien ... Dit-il, une certaine douceur dans la voix.
- Merci, repondis-je au quart de tour.


Il s'allonge sur l'herbe humide. Je fais de même. Il était 6h15 . Je n'avais pas dormi de la nuit. J'étais fatiguée. Je ferme les yeux un moment, mon carnet serré contre ma poitrine. Je ne le laisserai pas repartir.


_____________________________________________________________________________________Candie's Diary.


J'ai décidé d'écrire au présent. J'avoue m'emmêler avec le passé simple et l'imparfait. Haha. :B

Mara

Photo : mumbojumbo89

# Posté le dimanche 22 mars 2009 08:37

Modifié le dimanche 05 avril 2009 10:34

~ Chapitre 3 ~ Scène seconde.

~ Chapitre 3 ~  Scène seconde.
~Scène seconde, suite de la scène première ~ Le soleil chauffe ma peau. Je me réveille, endolorie. Je me suis endormie. Je vérifie en vitesse que mon carnet est toujours auprès de moi. Il est là, contre moi, reposant. Je soupire de soulagement. Sur mon ventre est déposé un blouson de cuir noir. Celui que porté Morgan hier. Je le jette à quelques mètres de moi. Je ne supporte pas l'idée que ce vêtement ait pu me toucher. Je m'étire. J'ai dormi à la belle étoile, sur un tapis d'herbe humide. Quelle honte. Je reprend petit à petit mes esprits. Et soudain, un doute m'assaille. J'observe le blouson, étalé un peu plus loin. Je le contemple. J'essaie d'imaginer comment cette chose est venue sur moi. Je frappe le sol de colère. C'est ce Morgan, ce voleur qui l'a posé sur moi, de peur que je n'ai froid. Quelle charmante attention totalement inutile. Je passe mes mains dans mes cheveux emmelés. Je secoue l'épaisse chevelure noire qui se serre de coiffure. Quel jour sommes-nous aujourd'hui ? J'ai totalement perdu la notion du temps. Je suis incapable de me rappeler de la date d'aujourd'hui. C'est comme si je vivais à contre-temps. Coincée entre une forêt et un lac. D'ailleurs en y pensant, je suis curieuse de savoir ce qui se trouve de l'autre côté de cette étendue d'eau . Pour cela il faudra attendre que l'hiver et son gel arrive. Ce n'est plus pour très longtemps maintenant. Je fouille dans mes poches et en ressort mon portable. Je l'allume nonchalamment. Ma mère m'a envoyé un SMS. : ' Où es-tu , quand rentres-tu ? ' .
- Jamais, dis-je ironiquement.

Je n'ai pas du tout envie de rentrer chez moi. Je suis majeure, je gère ma vie comme je l'entend. Je regarde l'heure . 10h10 . ' Quelqu'un pense à moi ' Pensais-je en rigolant. A vrai dire cette petite superstition ne m'atteint pas vraiment. Mais ça me fait toujours rire. D'ailleurs d'où vient cette manie de penser que quelqu'un pense à vous lorsque vous regardez une heure où le nombre d'heures et de minutes est le même ? Je ne cherche même plus à comprendre. J'attend. Je ne sais pas ce que j'attend. Mais je l'attend. Je me mens à moi-même. Je sais très bien qui j'attend. Mais je refuse de me l'avouer. J'attend Olivia, je le sais. Je veux lui parler de Morgan . Et m'escuser. Je m'étonne moi-même d'un coup.

- Caaaaandie !

Je reconnais cette voix, je me lève et répond à cet appel .

- Olivia !

Je m'approche, elle me sourit. Elle remarque mes cheveux en bataille, ma mine fatiguée et la marque de l'herbe encore présente sur ma joue.

- Tu as dormi ici ? S'étonne-t-elle.
- Oui ... Et je voulais m'escuser pour hier.
- Non, voyons-

Je la coupe.
- Si, vraiment. J'ai trouvé mon vrai voleur. Un mec qui ressemble à une meuf et qui répond au nom de Morgan.
- C'est un nom de fille ça non ? En tout cas, je suis super contente que tu aies retrouvé tes dessins!
- Ca ne s'écrit pas exactement pareil et moi aussi.


Elle m'adresse un sourire particulièrement communicatif. Je vois son regard se poser sur la veste en cuir. Elle fronce les sourcils.

- C'est à lui ?
- Oui, il a cru bon de me la laisser quand je dormais pour ne pas avoir froid.


Elle fronce à nouveau les sourcils .

- Que vas-tu en faire ?
- Rien. Ce n'est pas à moi. Je ne lui ai pas demandé. Il se débrouillera. Et j'espère que quelqu'un lui volera comme il a volé mon carnet.


Elle rigole doucement. Après tout, c'est sa veste. Il a pris la responsabilité de me la laisser. Je n'en veux pas. je ne la prendrai pas. Tant pis pour lui. Nous commençons à parler. Nous échangeons nos numéros de portables. Est-ce que je fais une erreur ? J'en ai marre de me poser toutes sortes de questions par rapport à Olivia. J'ai décidé de lui faire confiance. Je la vois qui marche en direction de la veste. Elle est décidément trop curieuse. Elle me la ramène et me la pose dans les mains. Je manque de tomber. C'est plus lourd que ça en a l'air !

- Qu'est-ce tu veux que je fasse de ça ?

Elle m'envoit un sourire presque sadique comme réponse. Je comprend. J'ouvre la première poche. J'en sors une carte d'identité.

' Nom : WEISE
Prénom(s) : MORGAN THOMAS
Sexe : M
Né le : 25 . 12 . 1989 .
à : Hamburg. ( Allemagne )
Taille : 1m85 . '


- Très intéressant... Soupirais-je.

- Haha ! Bon allez, moi j'y vais. Je reviendrais peut-être plus tard
.


Elle me fit spontanément la bise avec toujours ce grand sourire propre à elle. Je la vis s'éloigner en sautillant. Quelle joie de vivre. Impressionnant. Sans m'en rendre compte, je souriais.Olivia me fait sourire. Il faut que je retienne cette instant. Ca me m'arrive pas si souvent que ça. Une fois Olivia totalement disparue dans la forêt, je revins à mes affaires et pris mon cher carnet à dessins. Je l'ouvre. J'effleure les pages. Mon crayon dans les mains, je choisis une page vierge et commence à dessiner. Le lac, les arbres, l'herbe, l'autre rive au loin. Mon dessin est noir. Non. Il ne devrait pas. J'arrive de l'herbe et essaie d'en presser le jus pour colorer mon dessin . Un morceau d'écorce pour créer du marron. Je bloque pour le bleu. Ou pourrais-je trouver du bleu ? J'attrape la veste de Morgan et fouille à l'intérieur. J'y trouve du fard à paupière et du rouge à lèvres. Que c'est viril ! Je ne peux m'empêcher de pouffer de rire. Mais d'une certaine manière, il sauve mon dessin. Non, pire que ça. Il y contribue. Je m'arrête un moment et réfléchis à ce que je vais faire. Après un long moment d'hésitation j'ouvre le fard à paupière bleu de l'androgyne et appuie mon doigt dedans. J'applique la couleur sur mon dessin. Je regarde le résultat. Pour un paysage coloré avec les miyens du bord c'est pas mal du tout. Je souris. Encore une fois. J'ai l'air d'une gamine qui dessine un beau dessin pour la fête des mères. Je plonge dans mes souvenirs. Je me rappelle du temps où je dessinais des millions de dessins pour mes parents. Ils n'y ont jamais porté d'importance, si bien que mes 'oeuvres' finissaient soit au fond d'un tiroir, soit à la poubelle. Ils trouvent les métiers d'artistes inutiles. Pour eux, un bon métier est un métier qui rapporte. Je trouve cette vision des choses détestable. Un bon métier est un métier réalisé avec passion. Un bon montier est un métier qui arrive à nous faire nous lever le matin avec le sourire et l'envie d'aller travailler. Mes pesrits repris, je me remet au travail. Je scrute la forêt derrière moi.

- Viens ...

Je réalise ce que je viens de dire. Je colle mes mains sur ma bouche comme si j'avais dit quelque chose qu'il ne fallait pas. Les yeux grands ouverts, je suis restée dans cette position pendant une bonne minute, toute tremblante. Je jette une nouvelle fois la veste de Morgan le plus loin possible de moi. Décidemment, je maltraîte ses affaires. Alors que lui avait pris soin des miennes. Tant pis, ce n'est pas comparable ! Je me hais, plus que jamais. Je le hais. Je suis en colère. Je me lève, rassemble mes affaires et pars vers la forêt. Finalement, je rentre chez moi. Je passe à côté du blouson en me forçant pour l'ignorer. Plus loin dans la forêt je m'arrête brusquement. Je fais demi-tour et emporte la veste avec moi. Je la serre contre moi et m'enfuis en courrant. Journal... J'aimerais arrêter d'être lunatique et savoir ce que je veux. J'aimerais ne plus me mettre en colère pour un rien. J'aimerais savoir obéir à moi-même... Et j'aimerais revoir Morgan ...


_____________________________________________________________________________________Candie's Diary.


Et voilà (: Je vous informe par ailleurs que je ne serai sur l'ordi qu'une semaine sur deux. Désolée d'avance, je m'arrangerai pour pour pouvoir poster un peu quand même. Mara.
Photo : mumbojumbo86

# Posté le dimanche 22 mars 2009 13:42

Modifié le dimanche 05 avril 2009 11:55

~ Chapitre 4 ~ ' L'amour est proche de la haine '

~ Chapitre 4 ~  ' L'amour est proche de la haine '
~ Chapitre 4 . ~





Cher Journal Intime .

Assise sur mon lit, la tête reposée sur un coussin moelleux, on pourrait penser que je suis 'sereine', que mon esprit est tranquille. Et bien non . Je pense. Je réfléchis. J'ai toujours eu l'habitude de réfléchir beaucoup et souvent. Mais là, ce n'est plus comparable. Les questions fusent dans ma tête. Je ne cherche pas de réponses. Je suis embrumée. Je suis sur les nerfs. Je suis à fleur de peau. Et je me demande, je m'interroge. Voilà pourquoi je me préfère rester seule. Quand je suis en compagnie d'autres personnes, je peux être sure que je vais me prendre la tête. Chose que je ne supporte pas. Avec les autres, il faut s'adapter, faire attention. Il y a toujours des problèmes qui surviennent. Des questions. C'est mon cas. Olivia, Morgan... Qui sont-ils en fin de compte ?

- Calme toi Candie...

Mes mains sur les tempes, j'expire profondément . Faire le vide. Il faut faire le vide. Se poser des questions constructives pour faire avancer les choses. Je prend exemple sur Olivia et m'efforce de sourire pour détendre mon visage crispé. Tout d'abord : Quel est le problème ?

- Qui est Morgan ? Que me veut-il, pourquoi ai-je agis étrangement tout à l'heure ? Et bien, Morgan est un jeune homme qui ne m'inspire pas confiance après ces derniers évènements. Il a 19 ans, ok. On ne le voit pas souvent au lac. Il doit surement venir la nuit. Ca colle avec le vol de mes dessins. Bon ... Ensuite que veut-il ? Vraisemblablement, il n'a pas l'air de vouloir me tuer. Ce qui est plutôt positif. De toutes façons, qu'il essaie de m'en mettre une, il sera bien accueilli le drôle. Ensuite...


Je m'arrête, effrayée par la question suivante. C'est vrai ça, pourquoi ai-je voulu le revoir ? Pire ! Pourquoi ai-je emporté avec moi cette veste dont l'image qu'elle renvoie m'est insupportable ? Je pose mon regard hésitant sur le vêtement, au pied de mon bureau. Que faire avec ça ? Je dois lui rendre. Il me l'a confié. Et pourquoi devrais-je faire une telle chose ? C'est une opportunité pour moi de me venger et de lui faire comprendre ce que ça fait quand on vous arrache quelque chose de cher mais j'ai tendance à vouloir aller lui rendre.

- POURQUOI ?

Cet hurlement résonna dans toute la maison vide. Je me lève brutalement de mon lit en envoie ce qui se trouve à porter de ma main en l'air. Je n'aime pas cet homme. Il arrive à faire remonter en moi des sentiments étranges, désagréables, horribles même... J'attrape la veste et la pose à côté de mon oreiller avant de m'allonger à côté d'elle. Mes yeux se ferment. Je respire l'odeur qui s'échappe du blouson. Elle ne m'est pas totalement étrangère. Elle me rappelle cette nuit sous les étoiles. Elle ne m'est pas familière non plus. Je m'imprègne de ce nouveau 'fichier' et replonge dans mes pensées.
Une bonne vingtaine de minutes plus tard, je craque. Je me jette sur mon portable et compose le numéro d'Olivia. Ca sonne. J'attend.

- Décroche...

Je me sens déjà frustrée. Le rythme de mon c½ur s'accélère. Ma connerie me tuera.

- Allo ?
- Olivia ! J'ai besoin de toi !
- Qu'est-ce qui se passe ?


Je lui fais par de ma confusion et lui expose le problème en 5 minutes.

- Est-ce que tu as comme des papillons dans le ventre quand tu penses à lui ?
- JE NE SUIS PAS AMOUREUSE, CA VA PAS ? M'énerve-je.


Que veut-elle insinuer par là ? N'importe quoi ? Moi, amoureuse de ça ? Jamais de la vie. Plutôt mourir. Non, non, non, ça ne me ressemble pas. Je tremble, je balbutie, mes yeux sont presque exorbités. Je sursaute . Et si ? Non.

- HAAAAA !
- Quoi ?
- Et si ... Nan mais je ne peux pas être amoureuse ...
- Pourquoi ça ?
- Mais tu l'as vu ?
- Non. Mais ça n'empêche rien. L'amour c'est assez bizarre comme sentiment.
- Mais je le hais presque !
- L'amour est tellement proche de la haine, c'est l'amour passionnel .
- OLIVIA ! C'est n'importe quoi !


Je triture sans relâche la fermeture éclair du vêtement de mon 'ennemi'.

- Tu lui as rendu sa veste ?
- Comment tu sais que je l'ai ?
- Elle n'était pas au lac tout à l'heure.


Je suis coincée.

- Bah il est peut-être allé la rechercher .
- Tu viens de dire que c'était toi qui l'avait !


Je me tais. Je suis nulle, je me hais.

- J't'ai eu ! Non, sérieusement. T'en as fait quoi de sa veste ?
- J'l'ai avec moi là ...
- Où ?
- On s'en fout de savoir où ! Elle est là, sur moi. Contente ?
- Tu mets la veste d'un mec que tu peux pas voir en peinture sur toi ?


Rhaaaaaa . Je la hais, elle aussi. Je suis rouge de honte. Je pousse du bout des doigts l'objet en question et m'assied sur le bord de mon lit, les yeux dans le vide.


- Oui mais non. Je voulais juste regarder. Elle m'obsède.
- Mais t'es pas amoureuse, non, non.
- Tu m'aides pas vraiment là .
- T'as regardé dedans ?


Tiens non. Pourquoi n'y ai-je pas pensé avant ? Fouiller est une de mes activités préférées. Je ne suis pas à la hauteur du titre de curieuse que je m'accorde. J'ouvre la première poche en tremblant. J'y introduit ma main toute pâle et tâte les objets qui s'y trouvent. J'en ressort un répertoire et des tickets de caisse.

- Y'a plein de tickets de restau'.
- Il doit pas super bien cuisiner.
- Surement. Et puis je vois qu'il a acheté beaucoup de livre sur 'Comment avoir confiance en soi ', ' Quels sont les secrets du bonheur ? ' ...
- Whouuu, pas très heureux le p'tit vieux.


Je ne répond pas. Je me rappelle juste de l'époque où moi aussi j'achetais ce genre de livre.

- Je vais lui rendre sa veste . On se voit au lac.

Je raccroche et m'étale sur mon lit. Je le cerne un peu mieux... Il n'y a qu'une de ses affaires à laquelle je n'ai pas encore touché. Son répertoire. Je l'ouvre. Il n'est pas très rempli. Il n'est même pas rempli du tout. Il est totalement vide. Il n'y a qu'un papier glissé dans la couverture. Je le prend et le déplit avec précaution. Il est écrit un numéro de téléphone suivit de ' Appelle-moi Candie . ' Mon sang se glace. Mon c½ur cesse de battre. Infarctus. Je relis longuement ces trois mots. Je les lis dans tous les sens, j'épelle les mots, je cherche un message codé. Je ne réagis plus à rien. Je reste une bonne dizaine de minutes à contempler la chose.
Mes esprits revenus, j'envoie un sms au numéro indiqué. Je ne peux pas l'appeler. Aucun son ne sort de ma bouche.

Nouveau message : SMS .
' Morgan ? '
Envoyé ? ... Message envoyé .

Quelques secondes plus tard mon portable vibre entre mes mains.

- C'est du rapide !
J'ouvre le message .
' Candie ? '

Quelle conversation les amis...

Nouveau message : SMS.
' Je dois te rendre ta veste, viens au lac . '
Envoyé ? ... Message envoyé .

Sans plus attendre, je m'empares du blouson de cuir , sort de ma chambre et dévale les escaliers 4 à 4 pour me rendre au lac. J'ai peur . Mon c½ur va exploser.



_____________________________________________________________________________________Candie's Diary.


Désolée, j'ai mis un peu de temps.
En revanche, j'ai un paquet d'idée qui me viennent à l'esprit :B
Reste plus qu'à les mettre par écrit .

Mara .


Photo : Xxchange.

# Posté le jeudi 02 avril 2009 13:03

Modifié le dimanche 05 avril 2009 10:34

~ Chapitre 4, suite ~ ' Apprends moi Olivia ! '

~ Chapitre 4, suite ~ ' Apprends moi Olivia ! '


~ Chapitre 4 , suite ~




Je serre sa veste si fort que mes doigts en restent crispés. Je laisse inconsciemment sur le cuir la trace de mes ongles. Les yeux grands ouverts, j'avance, le corps rigide. Mes pieds avancent seuls, sans que je leur ordonne quoi que ce soit. Je ne suis à présent que l'enveloppe charnelle d'un esprit indépendant qui agit sans mon consentement. Mais Candie, réveille-toi ! C'est toi qui décide. Toi et toi seule. Tu es maîtresse de tes actes. Cesse de paniquer. Paniquer pour qui ? Pour un mec que tu ne portes pas dans ton coeur ? Je ne te reconnais plus depuis quelque temps. Un peu d'assurance ! Après tout, c'est vrai. Qui est-il pour me rendre aussi peu sure de moi ? Je deserre mon étreinte du blouson et le tient, pendent, à bout de bras. Je m'oblige à détendre mon visage et continue ma marche jusqu'au point de rendez-vous que j'ai indiqué à Morgan. C'est-à-dire, le lac. Je passe encore deux ou trois buissons avant de déboucher sur ce merveilleux endroit. Il est là. Accroupi au bord de l'eau, les doigts redessinant son reflet dans l'eau. Je m'approche doucement, sans faire de bruit. Sournoisement. Mon coeur se remet à battre. Je commence à en avoir marre. Je m'arrête et grogne contre moi-même. Il se retourne. Evidemment. Je lève les yeux au ciel et lui lance sa veste dans les mains, sans bouger. 5 Mètres nous séparent, mais je peux sentir sa présence comme si ses bras m'enlaçaient. Je frictionne nerveusement mon gilet.
Il rattrape son bien avec un sourire.




- Merci, Candie.
- Ouais , de rien . Répondis-je séchement.

Il déplit le vêtement et s'en habille. Il sent le col. Qu'il est con . Non, pardon. Qu'il est bête.

- Tu l'as mise ? Me demanda-t-il.
- Bin non.
- C'est pas mon odeur.

Je soupire. S'il avait un temps soit peu réfléchis, il aurait par déduction deviner que je l'avais emmenée chez moi, vu que je suis revenue avec. Ou bien, il m'a suivit jusqu'à chez moi, mis la cape invisible d'Harry Potter et m'a espionné en train de dormir avec sa veste. Je pencherai plutôt pour la première solution : il est bête.

- Elle était chez moi.
- J'aime bien .
- Quoi ?
- Ton odeur.

Je ne l'écoute plus. Je fais demi-tour et commence à marcher vers la forêt afin de rentrer chez moi.

- Hé! Tu vas où ?
- J'vais sauter d'un pont . Tu viens avec moi ?
- Reste .

Je soupire une nouvelle fois. Mais cette fois-ci, avec de la colère et de l'ennuis dans le souffle. Je ne supporte pas de rester avec lui. Je me sens mal. Je n'aime pas son regard sur moi. Je n'aime pas sa présence. Elle me rend vulnérable, fragile. Elle brise cette protection, cette carapace de mépris que me permettait de me sentir forte. Je reviens. Il pose sa main sur mon épaule pour me tirer vers lui. Je me dégage et m'assied sur l'herbe. Le temps se rafraîchit. Le ciel devient de plus en plus gris. L'hiver approche. Et son cortège de glace et de morosité avec. Les journées racourcissent. Le soleil laissera sa place plus tôt à la lune. Les animaux resteront terrés dans leur maison tel des humains. Les cheminées fumeront, Noël viendra. Noël et ses mensonges. Les parents sèmeront à nouveau la magie dans les yeux innocents de leurs enfants. Toutes les tensions dans les familles seront enterrées sous les mensonges. L'hypocrisie des repas de familles reprendra le dessus. Et tout le monde passera une fausse bonne soirée. Repartiront avec des cadeaux empoisonés, achetés par obligation par des gens dont le mépris pour le receveur et plus grand que l'affection. Et le lendemain matin, la vaisselle entassée dans l'évier, les papiers de cadeaux étalés au sol remettront la vérité et la réalité en face des gens. Et ainsi de suite chaque année. Je hais le 25 Décembre. 25 Décembre? Je regarde Morgan, lui, scrute le ciel. Ce sera son anniversaire. Comme je le plaind.
Pour me changer les idées, je sors de mes poches mon Ipod et met les écouteurs dans mes oreilles. C'est impoli . Je le sais. Je le sais très bien. Je le fais même exprès. Il m'a simplement demandé de rester, pas de lui parler et encore moins de faire attention à lui .
Dans mes oreilles résonne une musique qui m'est particulièrement chère.


« Du bist die Nacht die mich entblösst - Leg Deine Arme um mich
Du bist die Macht, die mich erlöst - Leg deine Arme um mich
Du bist das nichts, das mich verhüllt - Leg deine Arme um mich
Du bist das Licht, das mich erfüllt - Leg deine Arme um mich »

Ego - Oomph!

Je ferme les yeux et me laisse berçaient par la puissance de cette chanson. La voix du chanteur grondant dans mon esprit, anéantissant tout ce qu'il restait de mes pensées. Je me sens bien. Je me sens ailleurs. Les paroles sont dans ma tête comme un hymne sans fin, à travers lesquelles ma vie se réecrit. Le vent vient carresser mes joues, soulever mes cheveux, me faire frissonner. Ma sérénité vint à se tarir quand sur mon bras, Morgan posa sa main. Je mets sur pause, ouvre les yeux et lui adresse un regard peu annonciateur de bonnes choses.

- Quoi ?
- Qu'est-ce que tu écoutes ? Tu es toute bizarre .

Je râle et lui prête un écouteur. Il rapproche son visage du mien pour ne pas tirer sur l'écouteur. Je rougis.
Je remets la musique en marche et replonge dans ma douce transe. Je sens le souffle de Morgan dans mon cou. Le mien se coupe. Je tente de me décaler un peu pour ne pas avoir à supporter cette torture.

- Wow, les paroles sont...
- Sont ...?
- Romantiques.

Je déglutis difficilement. Olivia, Olivia sauve moi ! Je rêve d'entendre sa voix appeler mon prénom dans mon dos, qu'elle me sorte de cette situation plus qu'oppressante. S'il-te-plait Olivia.

- Tu es la nuit qui me met à nu, mets tes bras autour de moi .Tu es la puissance qui me délivre, mets tes bras autour de moi. Tu es le néant qui me recouvre, mets tes bras autour de moi. Tu es la lumière qui me remplit , mets tes bras autour de moi ...

Cette chanson n'a jamais été aussi belle avant de sortir d'entre ses lèvres... Je le hais. Je le hais tellement. Je le hais si fort. J'observe chaque centimètre de son visage, de sa peau, ses mains, ses yeux, ses cheveux, tout paraît si parfait. Il cache forcément quelque chose. Un être parfait ne peut pas exister. Et le fait que quelqu'un le paraisse et d'autant plus dangereux. Nous sommes presque collés, l'un contre l'autre, les yeux rivés sur la berge au loin, le vent nous chatouillant, le froid nous paralysant. Quelle est cette sensation au fond de moi? Je m'y refuse. Catégoriquement.

- Pourquoi tu fais ça ?

Voyant son étonnement , je continue ma phrase .

- Pourquoi tu me rends vulnérable? Pourquoi tu me rends malade ?

Pour seule réponse, je n'eus qu'un sourire. Trop cruel pour être regardé trop longtemps. Je me lève, le repoussant. Je ne peux pas rester à sa mercie ainsi. Sans rien ajouter, sans prévenir quiquonque, je repars. Je dois faire quelquechose. Je dois le dessiner. Je dois extirper son visage de mon esprit et le retranscrire sur papier. Je dois m'en débarasser. J'attrape mon portable et compose le numéro d'Olivia.

- Olivia?
- Ouais ?
- Apprends moi la Photographie !


Photo : Vois, Morgan, vois ce que tu fais de moi.
_____________________________________________________________________________________Candie's Diary.

# Posté le dimanche 05 avril 2009 08:19

Modifié le lundi 13 avril 2009 11:02

~ C H A P I T R E O5 ~

~ C H A P I T R E  O5 ~

Cher Journal Intime .

Oui, je me suis décidée. Je dois dessiner Morgan. Je le dois. C'est maintenant une question de vie ou de mort. A ce rythme là, je risque un infarctus à tout moment. Hors de question de lui révêler mes intentions. Je ne veux pas qu'il sache. C'est pourquoi j'ai demandé à Olivia de m'apprendre à photographier. Je veux une belle photo à reproduire. D'autant plus que j'ai cassé mon appareil. Je m'en remets à elle.
Mes doigts sont engourdis. Il fait de plus en plus froid. Je regarde le ciel, gris comme toujours. Quelques oiseaux courageux le traversent vivement. Le silence à envahit mon espace. Je laisse mon esprit vagabonder. Olivia m'a donné rendez-vous à l'entrée de la forêt. Je m'y rends donc. Ma main se pose sur l'écorce gelé d'un grand chêne. Je le contourne. Je n'aime pas marcher dans les seniers battus. Mes joues sont rouges pivoines. D'entre mes lèvres s'échappent une fumée blanche. Oui, l'Hiver est bien là. Mon écharpe s'accroche partout. Comme si la forêt voulait me retenir, comme si elle voulait me garder pour elle. Je tire sur mes vêtements pour les extraire de cette étreinte fatale. En vain, je décide d'abandonner. Ce n'est pas dans ma nature, mais après tout, en ce moment, je ne suis plus que l'ombre de moi-même. Je ne me reconnais plus du tout. Je glisse contre un arbre et m'assied dans la mousse glacée. Mon visage chauffe tout d'un coup. Mes yeux me piquent. Mon souffle se saccade. Je pleure. Je pleure... Des perles d'eau salée roulent le long de mon visage froid. Je pleure. Pourquoi ? Je ne sais pas. Je ne cherche même pas à comprendre. J'ai mal. J'ai si mal. Mon coeur va exploser. Il se noie dans mes larmes, il se noie dans ces élans d'émotions. Pourras-tu me pardonner ? Pourrais-je me pardonner? Mes larmes coulent de plus en plus. Non, je ne peux pas me pardonner. Je ne peux pas. Je m'afflige mille souffrances. Mon portable sonne. C'est de ça que je voulais te parler Candie. C'est de ça. Nous nous entendions très bien avant que tu ne rencontres Olivia ou Morgan. Nous allions bien Candie. Tout ça c'est de ta faute.

- Candie ? Qu'est-ce que tu fais ? Je t'attends depuis 20 minutes !
- Je... Je suis coincée dans la forêt...Viens...Ce sont les arbres !
- Heu ... J'arrive. T'es où ?
- Y'a... Y'a un grand Chêne, à côté du troisième... du troisème panneau dans le sentier .
- Qu'est-ce qui se passe ? Tu pleures ?

Je raccroche et m'effondre en sanglot. Oui c'est de ma faute. A cause de moi, je vais mal. Tout ça ce n'est qu'à cause de moi. J'ouvre les yeux, encore embrumée. Tout est flou. Tout est faux. J'ai froid...
Quelques minutes plus tard, Olivia vint à moi. Elle crie.

- Haaa Candie, mais qu'est-ce tu fais là ?

Elle s'empresse d'arracher les branches qui m'empêchaient de continuer mon chemin et me prend dans ses bras. Ses bras sont réconfortants, ils sont chauds, elle me sert contre elle.

- Candie ...

Elle essuie mes larmes avec sa paume et me sourit. C'est son sourire. Son si beau sourire ... C'est lui qui me permet de tenir dans ces moments là. Mais je n'en oublie pas l'objet de sa venue .

- Apprends moi à photographier.
- Tu perds pas le nord toi ! Tiens.

Elle sort de son sac un Polaroid. Elle me tend la main et m'aide à me relever. Nous nous redirigeons vers le sentier battu, ce qui est tout de même plus pratique. Elle place l'objet entre mes mains.

- C'est pas très compliqué. Tu fais la mise au point et tu appuies là .

Elle le porte à bout de bras devant nos deux visages et prend une photo . Un polaroid sort de l'appareil.

- RHA OLIVIA, J'AI UNE SALE GUEULE !
- Et alors?
- ...
- On est d'accord.

Passent une... puis deux ... puis trois photos. Je me fais à ce jeu. Petit à petit, j'oublie ma peine et me laisse faire. Je remarque à quel point la photographie est quelquechose d'intime. Elle est tellement intéressante. Nous n'avons pas la même vision des choses, non. Nous n'avons pas le même vécu, pas les mêmes ressentis et ça se voit à travers la photographie. C'est tellement passionnant. Comment un petit objet comme un appareil peut-il nous connaître mieux que personne ? Il arrive à nous faire dire des choses impossible à avouer. Il est capable de nous rendre fort comme faible. Il change la vision du monde. Il est merveilleux.
Nous passons une heure à nous amuser à grimacer devant le Polaroid. Quel âge avons-nous? Qu'importe. Il se fait tard et Olivia doit rentrer. Elle me fait la bise et me laisse son précieux appareil entre les doigts en ajoutant que ' je saurai en prendre soin et découvrir tout ce qu'il cache encore '. Je le regarde s'éloigner, sa taille diminuant au fil de ces pas, le long des arbres gelés, les cheveux au vent.
Je suis enfin prête à aller voir Morgan pour accomplir ma mission. Je me retourne et *BOUM* Je fonce dans une masse.

- Hé, tu peux pas faire gaffe connard ?
- Et toi ?

Oups, je connais cette voix, je lève les yeux : Morgan . Je sursaute et rougis. Il caresse ma joue.

- Je vais oublier cet élan de violence .

C'est le moment ou jamais .

- Je peux te prendre en photo ?
- Pourquoi ?

Merde.

- Heu... Pour... Pour...Pour une amie, elle croit te connaître ! Il lui faudrait une photo pour voir si elle a raison ou pas !
- Bien sur !

Je prends timidement le Polaroid et le place devant mon oeil. Ca y est, le rythme de mon coeur accélère. Et me voilà en surchauffe, j'avais froid, me voilà réchauffer.

- Bordel !
- T'as un problème ?

Mais oui, j'en ai un de problème, c'est toi mon fouttu problème ! Je fais 'non' de la tête. Tout le monde ment. Et j'en suis la preuve vivante. Je cadre son visage dans la cadran et appuie, tremblante, sur le bouton. Quelques secondes après, la photo ressort, noire, je la prend et la secoue avant de la ranger dans mon sac, sans même la regarder. Ces quelques secondes furent assurément les plus longues de ma vie. Elles m'ont semblé des heures ! Des jours entiers .

- Bon bin voilà, au revoir.
- Attends !
- QUOI ENCORE? T'as pas un chien? Des amis? Une famille? Lache-moi !

C'était le cri du coeur. Mais Morgan avait l'air de n'y préter aucune attention. Il s'empare de ma main et approche son visage du mien. Je suis paralysée. Il pose ses lèvres sur les miennes. Je ne réalise pas. J'ai quitté cette terre. Il m'a tué. Il m'a assassiné. De ce contact mortel. Ses lèvres empoisonnées ont mis fin à mes jours. Il met fin à cette douleur si intense et reprend son chemin, me laissant, tuée, dans le froid, au milieu de la forêt. La bouche entre-ouverte, je tente tant bien que mal de revenir à la vie, cherchant un souffle d'air, quelques effluves d'oxygène. Il m'a anéantie. Peu à peu, mon coeur recommence à jouer de sa folle musique . Ce baiser, aussi éphémère soit il, a signé mon arrêt de mort. Cette fusion intense, cette force passionnée. Au fond de mon être est née une souffrance plus dure encore que celle de tout à l'heure. Celle-ci est la souffrance dpue à l'amour. Cet amour que je refuse. Je hais Morgan. Je le hais à en crever. Il est mon obsession. Ho laisse-moi, laisse-moi...

- LAISSE MOI !!

Je repars en courant. S'en est finit. Tout ceci à assez durer. Je dois mettre fin à tout ça.
Rentrée chez moi, je me jette sur la photo prise de Morgan. Je la contemple. Elle me brûle les yeux. Mais je l'idolâtre. Je le compare un gateau délicieux, attirant, tout juste sortit du four, brûlant. Ce gateau qui brûle les doigts quand on le prend. Ce gateau qui nous brûle à l'intérieur quand on l'avale. Ho oui, je brûle de l'intérieur, sauve-moi.

_____________________________________________________________________________________Candie's Diary.

J'écris que de la merde.

# Posté le lundi 13 avril 2009 12:49

Modifié le dimanche 19 avril 2009 08:22

~ Chapitre O6 ~

~ Chapitre O6 ~


Cher Journal Intime.

Plantons le décor. Un café. De banales personnes assises autour de hautes tables rondes. Un serveur débordé. Et moi, mes fesses posées sur un haut tabouret, les coudes plantés sur la photo de Morgan, les yeux ne se séparant plus des siens. Qui a dit que j'étais devenue dépendante? Je me concentre simplement sur ses traits si parfaits pour pouvoir au mieux les reproduire. C'est tout. Qui a dit que j'étais de mauvaise foi ? Dehors, il pleut. Il fait froid. Si froid. Mais dans mon coeur, la température n'est même plus comparable, le zéro absolu a été atteint. Dans mon esprit c'est plutôt la surchauffe. Je ne peux m'empêcher d'essayer de comprendre, de justifier. Mais je n'y arrive pas, je suis bloquée, impuissante.


- Vous désirez ?

Le serveur avait décidé, au bout d'une vingtaine de minutes de bien vouloir m'accorder un peu de son précieux temps. Je le regarde. Ses yeux n'exprimaient strictement rien hormis le stress et le débordement. Pauvre gars.

- Un café .
- Moi aussi .

Ho non, c'est pas vrai . Ho non c'est PAS possible? Je frappe mon front du plat de ma main. Morgan s'asseoit en face de moi, tout souriant. Soit il me suit, soit ce sont des hasards un peu trop suspects. Mes yeux lui envoient des piques. Il ne peut pas s'empêcher de me pourrir la vie. Un fois le serveur partit, je m'emporte.

- TU JOUES A QUOI?
- Bin ... A rien !
- Arrête de me suivre, arrête de me sourire, arrête de me faire souffrir, va t-en , je veux plus jamais te voir!

Il baisse les yeux. C'est la première fois que je le vois comme ça. Je baisse d'un ton, inquiète. Suis-je allée trop loin? Ho non, est-ce que je m'en veux? Ses yeux s'embrument, ils deviennent brillants. Il ne va pas pleurer quand même? Je pose ma main sur la sienne, espérant qu'il me pardonnera pour cet écart.

- Je ... Morgan je suis désolée, je...

Il rejette ma main et se lève. Je sens une boule dans ma gorge qui m'empêche de parler. Je m'en veux, oui c'est ça je m'en veux! Je rassemble mes affaires rapidement et les engouffre dans mon sac avant de la suivre, le coeur battant. Derrière nous, le serveur arrive, deux cafés sur un plateau. Tant pis pour lui. Morgan est plus rapide que moi, il est déjà sorti. J'accélère mes pas pour arriver à lui. Il a dû m'entendre le suivre. Il s'arrête sur un pont et se penche pour observer l'eau qui coure en dessous. Je me pose à côté de lui.

- Ecoute, Morgan, c'est pas ce que je voulais. Mais c'est que ...
- Quoi ?
- Béh ta présence me rend mal à l'aise ...
- Pourquoi ?- Mais j'en sais rien , putain !

Il me prend dans ses bras. Je m'y sens bien. Il y fait chaud, contrairement à la froideur piquante d'aujrod'hui. Je ferme les yeux et pose ma tête contre son épaule. Mon étrainte se ressert. Non, je ne le lacherai pas. Je sens son souffle chaud dans mon cou, et comme la dernière fois, il me fait frissoné. Je ne veux pas arrêter. Pas maintenant. Pourtant il en décide autrement. Il se libère de mes bras et revient à sa précédente position, accoudé aux barrières du pont. Je le copie. Il fait froid tout d'un coup. Ce fut si bref. Je suis...frustrée. Une fine brume s'échappe de ma bouhe lorsque je respire. Je n'aime pas l'hiver.

- Tu as remarqué, à chaque fois qu'on se croise, il y a de l'eau pas loin.
- C'est un signe tu crois ?
- Je sais pas .
- Embrasse moi.
- Maintenant?
- Bin non, dans trois mois!

Oui, c'est bien ce que j'ai demandé. Je n'y crois pas moi-même. Mais poussée par une force inconnue, je me suis sentie presque obligée de lui demander ça. Cela m'arrive de plus en plus. J'agis contre ma volonté. Comme si il y avait une autre Candie, dans ma tête, qui voulait tout ce que moi je ne voulais pas. traite-moi de folle, je le suis. Mais je t'avouerai que... Je crois bien que j'en avais quand même envie. Me ressentir mourrir sous ses lèvres. Mon sang cessant de parcourir mon corps. Mes jambes défaillir. Cette sensation me manque.
Il passe sa main dans mes cheveux , dégage mon visage de toutes mèches entravant mon regard et à nouveau, colle ses lèvres aux miennes. J'ai la chair de poule. Ho oui, j'ai la chair de poule. J'agrippe son manteau et m'empars de sa nuque. Je sens sa bouche s'entrouvrir pour y introduire dans la mienne une chose humide. Je fais de même. Nos langues entament une danse endiablée rythmée par nos battements de coeurs et la crispation de mes mains dûe aux frissons que ce baiser langoureux me procure. Que je suis bien. J'aimerais que ce moment dure toujours.

- Ho !

Nous sursautons simultanément.

- Alors c'est toi Morgan ?
- OLIVIA !
- Et béh dis donc ...

Un sourire béat s'accroche à ses lèvres. Pourquoi vient-elle gacher un moment si parfait, si merveilleux?

- Bon bin, je vais vous laisser.
- Non !
- Si.

Il lache ma main et s'éloigne rapidement. Voilà qu'il neige. Des flocons blancs finissent leur course à travers le ciel dans mes cheveux noirs. Nous restons là, à nous regarder, moi à la fusiller. Elle, à me sourire comme elle sait le faire.

- MAIS OLIVIA POURQUOI?
- Pourquoi quoi?
- Mais t'as pas vu qu'on était bien ?
- Bin je...
- Hoooooo ...

Elle baisse la tête. Je dois avoir le don, aujourd'hui, de blesser les gens plus vite que personne. Je m'approche et lui fais la bise, tout de même.

- Bon tu veux que je te raconte?

Elle relève la tête, et je retrouve l'Olivia que je connaissais il y a quelques secondes. Je commence à tout lui exposer en détails. Elle rit par moment. Il faut dire que c'était assez comique. J'aurais bien aimé voir la tête du serveur qui revenait avec ses cafés en nous voyant sortir du bar. Il était assez débordé comme ça. mais après tout, j'ai bien fait de suivre Morgan. Je crois que... Je crois que j'en suis tombée amoureuse. Malgré moi et mes idées bien fondées sur l'amour. Il ets différent. Etonnant. Mystérieux et attirant. Je n'y peux rien. Mais, maintenant, à la seconde où j'écris, j'aurais la force de faire le tour de la ville en courant, ou bien d'exécuter une des taches les plus diffciles au monde. je me sens bien, je me sens souriante et épanouie. Olivia est avec moi. J'attrape sa main et continue mon fabuleux récit tout en marchant dans la neige. Je n'ai pas peur de ne plus revoir Morgan. Je sais parfaitement qu'il me retrouvera, où que je sois, comme il l'a fait jusqu'à présent. Je sens encore son coeur battre contre le mien. C'est ça l'amour? L'amour rend invincible, ho oui, je le suis, je le cherchais, j'en avais besoin . Morgan? Merci.

_____________________________________________________________________________________Candie's Diary.

Désolée de l'énorme retard.

# Posté le dimanche 17 mai 2009 12:51